Immeuble ancien de Reims
Les copropriétés anciennes du centre de Reims, datant de la reconstruction des années 1920, cachent souvent des matériaux amiantés.

Reims, une ville aux copropriétés centenaires

Le parc immobilier rémois est marqué par l'histoire. La destruction massive de la ville durant la Première Guerre mondiale a conduit à une reconstruction ambitieuse dans les années 1920, faisant de Reims l'une des capitales françaises de l'Art déco. Les immeubles qui bordent les grandes artères — rue de Vesle, boulevard Foch, rue de Talleyrand, place Drouet-d'Erlon, place Royale — témoignent de cette période faste. Un siècle plus tard, ces copropriétés anciennes, souvent gérées par de petits syndics bénévoles, doivent relever un défi de taille : la présence potentielle d'amiante. — voir la fiche service-public.fr.

Contrairement à une idée répandue, l'amiante ne concerne pas uniquement les immeubles construits dans les années 1960-1970. Dans les copropriétés anciennes de Reims — celles de l'entre-deux-guerres mais aussi les immeubles haussmanniens rescapés des bombardements — le risque amiante provient essentiellement des rénovations successives menées entre 1950 et 1997. Chaque intervention dans les parties communes ou privatives a pu introduire des matériaux amiantés, créant une stratification de dangers dont la cartographie est parfois complexe.

Pourquoi les copropriétés anciennes sont-elles particulièrement exposées ?

Le mécanisme est paradoxal mais bien réel : un immeuble construit en 1925 à Reims peut présenter davantage de points de contamination amiante qu'un immeuble construit en 1975. La raison en est simple. L'immeuble de 1925 a traversé plusieurs vagues de modernisation :

  • Années 1950-1960 : installation de chauffage central avec calorifugeage des canalisations en amiante, remplacement des revêtements de sol par des dalles thermoplastiques, création de salles de bains avec plaques de fibrociment
  • Années 1970-1980 : ravalement de façade avec enduits contenant des fibres, remplacement des menuiseries avec joints amiantés, faux plafonds pour masquer les réseaux électriques refaits
  • Années 1990 : dernières interventions avant l'interdiction totale de 1997, avec un risque résiduel sur les colles, mastics, peintures intumescentes

Autrement dit, plus un immeuble est ancien, plus il a eu d'occasions d'être « contaminé » par l'amiante au fil des décennies. Les copropriétés rémoises ne font pas exception, bien au contraire.

Les quartiers de Reims les plus concernés

Le centre-ville Art déco

Le quadrilatère formé par le boulevard Foch, la rue de Vesle, la rue Jean-Jacques Rousseau et la place Aristide Briand concentre une exceptionnelle densité d'immeubles Art déco en copropriété. Ces bâtiments, reconnaissables à leurs bow-windows, ferronneries géométriques et mosaïques, abritent des parties communes majestueuses — vastes halls d'entrée, escaliers en pierre ou en mosaïque — mais aussi des gaines techniques et caves où l'amiante a pu être utilisé sans précaution particulière.

Le secteur Boulingrin - Clairmarais

Autour des Halles du Boulingrin et de la place de la République, de nombreuses copropriétés des années 1920-1930 présentent des configurations similaires. La proximité du canal et du port Sec justifiait une mixité habitat-activités qui a favorisé des aménagements successifs, avec leur lot de matériaux amiantés. Les caves de ces immeubles, souvent semi-enterrées en raison de la nappe phréatique, sont particulièrement exposées aux dégradations des flocages et calorifugeages.

Les quartiers Jean-Jaurès et Wilson

Plus résidentiels, ces quartiers du sud et sud-est de Reims comptent de nombreuses copropriétés des années 1950-1970, période où l'amiante était utilisé de façon massive et systématique. Les tours et barres du quartier Wilson, les résidences autour du parc Léo-Lagrange et les immeubles du boulevard Henry-Vasnier sont concernés au premier chef par le DTA et les obligations de diagnostic.

Les faubourgs et la première couronne

Les copropriétés de Tinqueux, Saint-Brice-Courcelles, Cormontreuil et Bétheny ne sont pas en reste. Bien que souvent plus récentes (années 1960-1980), elles présentent des niveaux de risque amiante parfois élevés, notamment dans les immeubles de grande hauteur où le flocage a été utilisé comme protection incendie des structures métalliques.

Le DTA en copropriété ancienne : une obligation trop souvent ignorée

Le Dossier Technique Amiante (DTA) est une obligation qui s'impose à toutes les copropriétés dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997. Pourtant, dans les faits, de nombreuses petites copropriétés rémoises — notamment celles gérées par un syndic bénévole — ne sont pas en conformité. Cette situation est alarmante à plusieurs titres :

  • En cas de sinistre (dégât des eaux, incendie), l'absence de DTA engage la responsabilité du syndic et des copropriétaires
  • En cas de vente d'un lot, l'acquéreur peut exiger la communication du DTA et se rétracter en son absence
  • Les entreprises intervenant dans les parties communes (plombiers, électriciens, couvreurs) refusent légitimement d'intervenir sans avoir consulté le DTA au préalable
  • L'assurance de la copropriété peut être mise en cause en cas d'exposition de travailleurs

À Reims, les syndics professionnels sont généralement au fait de ces obligations. Mais les copropriétés horizontales ou de petite taille (moins de 10 lots), nombreuses dans le quartier Barbâtre, Saint-Remi ou le Vieux Reims, sont souvent à la traîne. Un rattrapage est indispensable.

Les zones à risque dans une copropriété ancienne

Dans une copropriété ancienne rémoise, les points de vigilance amiante sont multiples. Le diagnostic doit porter sur l'ensemble des parties communes et des éléments structurels :

  • Cages d'escalier et paliers : dalles de sol, plinthes, faux plafonds, peintures ignifuges, joints de dilatation entre volées
  • Halls d'entrée : revêtements muraux, dalles de sol, portes palières coupe-feu
  • Caves et sous-sols : calorifugeage des canalisations de chauffage, flocage des plafonds pour isolation phonique, conduits de ventilation
  • Combles et toitures : plaques de fibrociment en sous-toiture, flocage projeté, isolants amiantés
  • Gaines techniques : conduits de vide-ordures calorifugés, gaines électriques, colonnes montantes
  • Façades : bardage amiante-ciment, joints de dilatation, panneaux de remplissage
  • Parkings souterrains : flocage des plafonds, joints de dilatation, dalles de sol

Quand l'amiante est identifié : que faire ?

Lorsque le DTA révèle la présence d'amiante dans les parties communes d'une copropriété rémoise, plusieurs scénarios sont possibles selon l'évaluation de l'état de conservation :

1. Surveillance périodique (matériaux en bon état)

Si les matériaux amiantés sont en bon état de conservation, non dégradés et non susceptibles d'être sollicités mécaniquement, une simple surveillance périodique peut être préconisée. Le DTA doit alors être mis à jour régulièrement (généralement tous les trois ans) pour vérifier que l'état de conservation n'a pas évolué.

2. Encapsulage ou confinement (matériaux dégradables)

Si les matériaux présentent un risque de dégradation à moyen terme, une action corrective de premier niveau peut être préconisée. L'encapsulage consiste à recouvrir le matériau amianté d'un produit de revêtement étanche qui empêche la libération de fibres. Cette solution est souvent retenue pour les flocages de caves ou les calorifugeages de canalisations encore en bon état général.

3. Retrait obligatoire (matériaux dégradés)

Lorsque les matériaux sont dégradés, le retrait s'impose. Le syndic doit convoquer une assemblée générale pour voter les travaux de désamiante, qui seront réalisés par une entreprise certifiée Qualibat 1512. À Reims, Désamiantage Reims accompagne les copropriétés dans cette démarche, du diagnostic initial jusqu'à la restitution des locaux après travaux.

Les pièges à éviter pour les copropriétaires rémois

Plusieurs erreurs sont fréquentes chez les copropriétaires confrontés à la problématique amiante :

  • Confondre DTA et constat avant vente : le premier concerne les parties communes, le second les parties privatives. Les deux sont obligatoires mais ne se substituent pas l'un à l'autre
  • Négliger le DTA parce que l'immeuble est ancien : c'est précisément parce qu'il a connu des rénovations qu'il peut être contaminé
  • Refuser le diagnostic par crainte du coût : le diagnostic coûte quelques centaines d'euros ; le non-respect des obligations peut coûter des dizaines de milliers d'euros en sanctions et réparations
  • Entreprendre des travaux sans repérage préalable : tout travaux dans une copropriété ancienne doit être précédé d'un repérage amiante. Cette obligation concerne aussi bien les travaux dans les parties communes (ravalement, réfection de toiture) que les travaux privatifs (rénovation d'un appartement)

Perspectives : vers une prise de conscience collective

La prise de conscience progresse à Reims. Les grandes copropriétés du centre-ville, encouragées par leurs syndics professionnels, se mettent progressivement en conformité. Les programmes de rénovation énergétique, qui intègrent désormais le désamiante dans leur périmètre, jouent un rôle d'accélérateur. Le dispositif MaPrimeRénov' Copropriétés, accessible aux copropriétés de la Marne, permet également de mutualiser le coût du désamiante avec celui des travaux d'amélioration énergétique.

Pour les petites copropriétés de Reims et des communes environnantes, le chemin reste à parcourir. La sensibilisation des copropriétaires et des syndics bénévoles est un enjeu de santé publique que les pouvoirs publics, les agences départementales et les professionnels du désamiante doivent relever ensemble.

Conclusion

Les copropriétés anciennes de Reims sont un patrimoine précieux qui mérite d'être préservé et transmis aux générations futures. La question de l'amiante, loin d'être une fatalité, doit être abordée avec lucidité, méthode et professionnalisme. Diagnostic, planification, travaux : chaque étape compte pour garantir la sécurité des occupants et des intervenants.

Pour toute information complémentaire, n'hésitez pas à consulter notre page diagnostic amiante, à utiliser notre simulateur de devis ou à nous contacter directement pour un accompagnement personnalisé. Désamiantage Reims intervient dans toutes les communes de la Marne, avec un rayon d'action de 80 km autour de Reims.

Ressources complémentaires